Santé: Les mythes associés à l’incontinence urinaire

Santé: Les mythes associés à l’incontinence urinaire

Les mythes associés à l’incontinence urinaire

chez les personnes atteintes de fibrose kystique

 

L’incontinence urinaire touche seulement les femmes.

FAUX. Malgré le fait que l’on rapporte une incidence plus élevée chez les femmes, les hommes peuvent aussi souffrir d’incontinence urinaire. En fibrose kystique, plusieurs études ont démontré que l’atteinte chez les femmes adultes se situait entre 30 et 68 % versus entre 2 et 16 % chez les hommes. Dans la population en général, ce ratio est de 25 à 45 % chez les femmes et de 4 à 32 % chez les hommes. Par ailleurs, chez les enfants, nous remarquons que ce phénomène peut survenir fréquemment. En effet, de 8 à 47 % des filles qui ont participé aux études notent des symptômes d’incontinence urinaire contre 2 à 14 % chez les garçons. Dans la population en général, ce ratio est de 3 à 9 % chez les enfants, tous sexes confondus.

 

La constipation entraîne des pertes d’urine.

VRAI. Il existe plusieurs autres facteurs de risque à l’incontinence urinaire que la toux. Une personne constipée doit augmenter la force utilisée pour être capable d’aller à la selle. Cette force entraîne un étirement du plancher pelvien et, avec le temps, les muscles du plancher pelvien se relâchent, ce qui l’empêche de fonctionner normalement.
Également, l’inflammation chronique connue chez les patients atteints de fibrose kystique peut avoir des conséquences sur la contractilité des muscles, donc sur le plancher pelvien.
Quelques autres facteurs de risque ont été étudiés et expliqués, tels que la quantité et la qualité des muscles ainsi que le contrôle du système nerveux autonome.

 

Les personnes atteintes de FK ont une plus petite vessie, donc la pression devient trop grande plus rapidement, ce qui entraîne de l’incontinence urinaire.

FAUX. La grosseur de la vessie diffère d’un individu à un autre et il n’y a donc aucun lien avec la maladie. Il existe 3 types d’incontinence urinaire : l’incontinence de stress, l’incontinence d’urgence et une combinaison de ces deux premiers types. L’incontinence de stress se traduit par perte d’urine involontaire lors d’un éternuement, de la toux ou de l’effort physique. L’incontinence d’urgence s’explique par le désir soudain d’uriner suivi de la perte d’urine. En fibrose kystique, les patients, comme vous l’avez peut-être deviné, souffrent majoritairement d’incontinence de stress. Le cycle de miction normal se traduit par le remplissage de la vessie qui engendre les premières sensations de miction suivies de la vidange d’urine. Une partie des composantes physiologiques importantes à considérer sont les muscles de la vessie et de la cavité pelvienne. La vessie comporte un muscle qui se nomme le détrusor. Ce muscle permet à la vessie se contracter lorsqu’elle est pleine, ce qui entraîne l’écoulement de l’urine. L’urètre est le conduit qui permet la sortie d’urine. Celui-ci quitte la vessie et devient le méat urinaire. L’urètre est supporté par plusieurs muscles qui ensemble, s’appellent le plancher pelvien. Lorsque celui-ci est contracté, il empêche l’écoulement d’urine puisqu’il enveloppe et sert l’urètre. Le plancher pelvien protège aussi le rectum ainsi que l’utérus, chez la femme. Les pertes d’urine peuvent entre autre être entraînées par un problème au niveau des muscles du plancher pelvien.

 

L’intervention d’un physiothérapeute est pertinente pour prévenir et traiter l’incontinence urinaire.

VRAI. Il existe des physiothérapeutes spécialisés en incontinence urinaire et fécale. Ils sont formés pour évaluer et traiter les problèmes de pertes d’urine et de selles. Il existe plusieurs façons de traiter l’incontinence, dont des exercices et d’autres interventions spécialisées. Le plancher pelvien est un muscle qui nécessite de l’entraînement et de la réadaptation.
L’incontinence urinaire est un sujet encore méconnu et dont on ne discute pas assez en fibrose kystique. Il est important de discuter avec son équipe traitante de ce problème s’il survient. Il y a un lien entre l’incontinence urinaire et la maladie. Il existe plusieurs alternatives pour traiter ce problème et aider le patient à améliorer sa qualité de vie.
En espérant que cette capsule d’enseignement saura vous éclairer et vous aider. N’hésitez surtout pas à communiquer avec vos personnes ressources.

 

La toux provoque l’incontinence urinaire.

VRAI. La toux est le facteur de risque primaire de l’incontinence urinaire en fibrose kystique. Le plancher pelvien, précédemment mentionné, a aussi pour but de soutenir les organes des cavités abdominale (foie, pancréas, estomac, intestins) et pelvienne (utérus, vessie, rectum). Lorsqu’une personne tousse, une panoplie de muscles se contractent, dont les abdominaux et certains muscles du dos. La contraction de ces muscles à la toux entraîne une augmentation de la pression sur le plancher pelvien, ce qui a pour conséquences de l’étirer et, avec le temps, de provoquer une perte de force musculaire. Alors, le plancher pelvien ne remplit pas une de ses fonctions qui est de retenir l’urine en resserrant l’urètre.
On a émis une hypothèse qui pourrait expliquer autrement l’incontinence urinaire reliée à la toux chez les patients atteints de fibrose kystique. Les muscles abdominaux deviennent si forts à force de tousser que cela entraîne un débalancement de la pression dans les cavités abdominale et pelvienne. À cause du débalancement, le plancher pelvien serait incapable de fonctionner normalement et aurait de la difficulté à se contracter. Donc, il peut y avoir comme conséquence des pertes d’urine.

 

Il existe des conséquences importantes sur la qualité de vie des patients souffrant d’incontinence urinaire.

VRAI. Pour éviter les pertes urinaires, une personne peut s’empêcher de tousser, de faire de la physiothérapie respiratoire et de limiter l’exercice physique. Il est évident que ces comportements peuvent avoir des conséquences sur la santé pulmonaire telle qu’augmenter la quantité de sécrétions et donc d’élever le risque de surinfection pulmonaire. Également, les patients peuvent avoir tendance à s’isoler, moins vouloir faire de sorties, surtout dans les endroits où les toilettes ne sont pas à proximité, ce qui peut brimer leur vie sociale. Certains patients ont fait part qu’ils avaient besoin de porter des protège-dessous pour éviter de mouiller leurs culottes. De plus, certains patients disent avoir tendance à moins boire, ce qui n’est pas recommandé en fibrose kystique. Il est important de bien s’hydrater pour de multiples raisons, par exemple pour compenser la perte de sel par les pores de la peau qui entraîne la déshydratation et pour éviter la constipation.

 

Virginie Letendre

Infirmière clinicienne à la clinique de fibrose kystique du CHUM
Montréal (Québec)
Canada

 Running Shoes & Gear

Partager :