Virus du donneur

Virus du donneur

Je viens tout juste de subir une transplantation pulmonaire. Je suis en grande forme et compte bien le demeurer. Lors de mes visites à la clinique, j’entends souvent parler du « virus du donneur ». J’aimerais en savoir plus sur ce virus. D’où vient-il exactement? Est-ce qu’il peut se transmettre d’une personne à l’autre? Comment se manifeste-t-il? Comment peut-on l’éradiquer?

De nombreux virus peuvent être transmis lors d’une transplantation de poumons ou d’un autre organe. En théorie, le VIH (virus du SIDA) et les virus des hépatites B et C pourraient être transmis du donneur au receveur, mais, en pratique, on s’assure d’abord de l’absence de ces virus chez le donneur. Leur présence constitue une contre-indication au don d’organe.

Le virus auquel vous faites référence est probablement le cytomégalovirus (CMV). Il s’agit d’un virus très contagieux et très courant; environ le tiers de la population aura contracté ce virus au cours de sa vie. La plupart du temps, l’infection initiale n’est pas très sévère, bien qu’elle puisse parfois ressembler à une mononucléose. Même si les symptômes disparaissent assez rapidement, le virus peut toutefois demeurer en quantité infime dans l’organisme; il est alors maîtrisé par les défenses immunitaires et ne cause aucun problème.

Lors d’une greffe toutefois, le cytomégalovirus peut rendre le receveur gravement malade, surtout si celui-ci n’a jamais été infecté par ce virus. Comme ses défenses se trouvent affaiblies par le traitement immunosuppresseur qu’il doit prendre pour éviter le rejet de l’organe transplanté, le receveur se trouve alors plus vulnérable face au cytomégalovirus. Chez les personnes greffées, le cytomégalovirus peut prendre la forme d’une pneumonie, d’une hépatite ou d’une fièvre d’origine inconnue. L’infection primaire est très grave et survient lorsque le receveur d’organe est exposé au cytomégalovirus pour la première fois. L’infection secondaire peut aussi être très sérieuse, car elle provoque la réactivation du virus chez le receveur qui avait déjà été exposé au cytomégalovirus par le passé.

On utilise alors des antibiotiques antiviraux pour maîtriser l’infection. Ces antiviraux sont très efficaces et jouent un rôle de premier plan dans la prévention d’une infection au cytomégalovirus chez les receveurs d’organe.

Dr Michel Ruel

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