Retard de croissance

Retard de croissance

Je viens tout juste d’avoir 16 ans. Mon drame, c’est que je me trouve beaucoup trop petit. On a beau me répéter que ma croissance n’est pas terminée, j’ai peur de rester petit toute ma vie. Existe-t-il des tests qui me permettraient de savoir si je peux encore grandir et, si oui, de combien de centimètres? Croyez-vous que mon médecin accepterait de me prescrire des hormones de croissance? Rassurez-moi docteur; le temps joue peut-être contre moi.

La taille maximale définitive atteinte par un individu donné repose sur plusieurs facteurs. Le premier facteur est l’hérédité : en effet, si vos parents et grands-parents ne sont pas grands, vos chances de devenir grand sont réduites. Comme second facteur, il faut retenir le statut endocrinien (hormonal). Les jeunes ayant la fibrose kystique, au même titre que les autres jeunes, sont susceptibles de présenter des déficiences en hormones, particulièrement l’hormone thyroïdienne et l’hormone de croissance.

Ces déficiences peu fréquentes peuvent être éliminées, car il existe des traitements spécifiques et efficaces pour y remédier (suppléments hormonaux). Par ailleurs, ce qu’on retrouve le plus fréquemment chez la clientèle fibro-kystique, ce sont des retards de croissance liés à la malnutrition et surtout à l’infection chronique mal maîtrisée. Ces deux facteurs peuvent retarder la maturation sexuelle et la croissance osseuse, deux composantes du développement étroitement reliées.

Or, la malnutrition et l’infection chronique non maîtrisée dépendent du traitement optimal de la fibrose kystique elle-même; je n’insisterai donc jamais assez pour souligner la très grande importance de la fidélité au traitement quotidien. Enfin, dans certaines circonstances, il peut être nécessaire d’accélérer la maturation sexuelle et osseuse par l’utilisation d’hormones sexuelles. En ce qui concerne votre situation propre, il faut évaluer précisément lesquels des facteurs expliquent votre retard de croissance. Le pédiatre de votre clinique est le mieux placé pour effectuer cette évaluation. Il pourra, au besoin, se faire assister d’un endocrinologue. À la suite de ces tests (sanguins et radiologiques), le traitement le plus approprié (pas nécessairement hormonal) pourra être appliqué.

Dr Michel Ruel

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