Hypoxie: oxygène en avion

Hypoxie: oxygène en avion

Jusqu’à tout récemment, je prenais l’avion sans vraiment m’inquiéter de mon état de santé. Or, voilà que mon médecin me demande maintenant de passer un test d’hypoxie avant d’envisager de prendre l’avion. Le problème serait en lien avec la dépressurisation de l’habitacle de l’aéronef et le taux d’oxygène dans mon sang. Pour tout dire, je ne comprends pas vraiment l’insistance de mon médecin à ce que je subisse ce test. Pouvez-vous m’expliquer en quoi consiste ce test et d’où vient son caractère obligatoire ou incontournable?

L’air ambiant est constitué de 21 % d’oxygène, 78 % d’azote et une quantité minime d’autres gaz. La quantité d’oxygène inspirée est dépendante non seulement de la quantité d’oxygène dans l’air mais aussi de la pression atmosphérique. En altitude, le pourcentage d’oxygène dans l’air ambiant ne change pas, mais la pression atmosphérique diminue par rapport à celle mesurée au niveau de la mer. Ceci entraîne une réduction de la quantité d’oxygène inspirée et par conséquent, une diminution de l’oxygène dans les alvéoles et dans le sang. Même chez une personne qui n’a pas de maladie pulmonaire, le taux d’oxygène dans le sang diminue en altitude.

Les cabines des avions commerciaux sont pressurisées afin d’éviter que les passagers manquent d’oxygène. La pression dans les avions est cependant inférieure à la pression atmosphérique au niveau de la mer. Selon les règlements établis, la pressurisation de la cabine doit simuler une altitude maximale de 8000 pieds (2438 mètres). À cette altitude, la diminution de la quantité d’oxygène inspirée est minime et habituellement sans conséquence pour une personne qui a des taux d’oxygène normaux. Elle peut toutefois être délétère pour un individu qui a un taux d’oxygène inférieur à la normale. On se base donc sur la saturation au repos pour décider si une personne doit subir un test d’hypoxie avant un voyage en avion.

Le test d’hypoxie sert à prédire le taux d’oxygène dans le sang lorsqu’une personne se trouve en avion. Il consiste à respirer pendant 20 minutes un mélange gazeux qui contient moins d’oxygène que l’air ambiant (15 % d’oxygène), puis à mesurer l’oxygène dans le sang artériel (gaz artériel). Le résultat permet d’établir si la personne nécessite de l’oxygène en avion. Il est également possible de prédire le taux d’oxygène dans le sang en altitude en plaçant quelqu’un dans une chambre hypobare. Cette méthode est rarement utilisée, puisque les chambres hypobares sont très peu accessibles.

Dr Lara Bilodeau

 

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