Gaz artériel

Gaz artériel

À l’occasion, mon médecin me demande de subir un «gaz artériel». J’aimerais savoir ce que c’est au juste. De plus, j’aimerais comprendre un peu mieux ce qu’il entend par «PCO2».

Pour comprendre ce qu’est un prélèvement de sang artériel, il faut d’abord savoir ce qu’est une artère. Le système circulatoire comprend :

1- Des artères qui transportent le sang fraîchement oxygéné par les poumons, du coeur jusqu’aux tissus périphériques

2- Des capillaires, qui sont de tout petits vaisseaux où se font les échanges gazeux et nutritifs avec les tissus;

3- Des veines, qui ramènent le sang des tissus périphériques vers le coeur.

La plupart des prises de sang sont effectuées dans les veines. Quelques-unes peuvent également se faire par une piqûre sur le bout du doigt, où se trouve le sang capillaire. Cependant, lorsque l’on désire des renseignements précis sur la fonction des poumons, il est préférable de recueillir du sang qui vient juste de sortir du complexe coeur-poumon. Le prélèvement se fait habituellement en ponctionnant l’artère radiale, située juste sous la peau, à la face interne du poignet du côté du pouce. Une anesthésie locale peut s’avérer nécessaire. Comme la pression dans ce vaisseau est beaucoup plus élevée que dans une veine, une compression de l’artère doit se faire à la suite du prélèvement pour éviter un saignement.

Le prélèvement, appelé gaz artériel, permet d’analyser l’acidité du sang (le pH), la quantité d’oxygène ou O2 (PO2) et la quantité de gaz carbonique ou CO2 (PCO2). On sait tous que l’oxygène est le « carburant » de l’organisme et que le gaz carbonique représente un des déchets de l’organisme. La fonction principale des poumons consiste à fournir de l’oxygène au sang et à éliminer de celui-ci le gaz carbonique. Avec un gaz capillaire (prélevé sur le bout des doigts), la mesure de l’acidité (pH) et du CO2 (PCO2) est assez précise, mais la mesure de la quantité d’oxygène (PO2) est moins fiable. Aussi, dans les atteintes pulmonaires sévères où la mesure des gaz est essentielle pour préciser si l’oxygénothérapie est nécessaire et, si oui, en quelle quantité, un gaz artériel s’avère nécessaire.

Notons toutefois qu’un appareil appelé oxymètre ou saturomètre est maintenant accessible en clinique et sur le marché libre. Avec une petite pince installée habituellement sur le bout d’un doigt et couplée à un système optique, on peut évaluer indirectement, quoiqu’avec une assez bonne précision et sans piqûre, la quantité d’oxygène dans le sang. Sans éliminer le recours au gaz artériel, cet appareil a permis de réduire une bonne quantité de ces interventions!

La PO2 normale se chiffre entre 80 et 100.

Dr Michel Ruel

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