Ecstasy

Ecstasy

Je suis un amateur de « rave » et… d’ecstasy. Croyez-vous que l’ecstasy soit plus dommageable pour les personnes atteintes de fibrose kystique que pour la population en général? Ne surestime-t-on pas les dangers de cette drogue?

Avant de répondre à votre question, expliquons d’abord en quoi consiste cette drogue. L’ecstasy est le nom courant pour désigner la MA (3, 4-méthylène-dioxy-métamphétamine). Il s’agit d’un dérivé de l’amphétamine qui fut synthétisé en 1914 et qui était alors utilisé comme médicament pour diminuer l’appétit. L’ecstasy a ensuite été utilisée dans les années 1970 et 1980 en psychothérapie; en effet, certains thérapeutes l’employaient alors parce qu’elle réduisait les inhibitions des patients et les amenait à parler plus ouvertement de leurs problèmes. L’ecstasy a connu un nouvel essor dans les années 80, lorsqu’elle a été adoptée comme drogue récréative au cours des « raves » dans les pays anglophones. Elle a ensuite été retirée du marché.

Aujourd’hui, on peut se procurer de l’ecstasy sur le marché noir sous forme de comprimés ou de capsules. L’action de l’ecstasy sur le cerveau se situe entre celle de l’amphétamine (stimulante) et celle de la mescaline (hallucinogène). Les consommateurs d’ecstasy adoptent également un comportement sensuel puisque la substance leur donne l’impression d’une proximité avec les autres. À faible dose, les effets indésirables sont plutôt bénins : baisse d’appétit, sécheresse de la bouche, palpitations, tension dans les mâchoires, insomnie, bouffées de chaleur et sudation. À la fin de la consommation, on peut avoir des symptômes de sevrage marqués par une certaine fatigue et un état dépressif variable. À plus forte dose toutefois, les conséquences peuvent être plus importantes. On peut en effet observer une fièvre importante, de l’hypertension artérielle ou, à l’inverse, une baisse de la tension artérielle, des troubles du rythme cardiaque, des hémorragies cérébrales ou digestives, des convulsions, une insuffisance hépatique ou rénale aiguë, complications potentiellement mortelles. Sur le plan psychiatrique, l’ecstasy peut provoquer de l’agitation accompagnée de panique, une psychose ou une dépression grave. Toutes ces complications peuvent survenir chez une personne saine. Enfin, une personne fibro-kystique avec atteintes pulmonaire et digestive importantes m’apparaît plus à risque de développer des complications graves.

Sept risques pour la santé*

1. L’ecstasy provoque une déshydratation de l’organisme, souvent amplifiée par une atmosphère surchauffée et par un effort physique intense.

2. Lorsque l’ecstasy est associée à d’autres drogues (cocaïne, LSD, speed, kétamine, GHB) et à l’alcool, la toxicité des substances ingérées augmente.

3. Les personnes qui prennent déjà des médicaments s’exposent à une interaction médicamenteuse dangereuse, notamment avec l’aspirine, certains antidépresseurs et certains médicaments utilisés dans le traitement du VIH.

4. Les personnes qui souffrent d’asthme, de troubles circulatoires et cardiaques, d’épilepsie, de problèmes rénaux, de maladies du foie, de diabète, de fatigue chronique ou de problèmes psychologiques sont particulièrement vulnérables et devraient en tout temps s’abstenir de consommer de l’ecstasy.

5. Les usagers réguliers font face aux mêmes risques que les usagers de la cocaïne ou d’amphétamines : confusion, agressivité, instabilité de l’humeur, insomnie, anxiété sévère, paranoïa, amaigrissement et faiblesse.

6. Pour quelques-uns, la consommation peut entraîner ou révéler des troubles psychiques durables.

7. On ne constate pas de dépendance physique à l’ecstasy, bien que certains usagers chroniques puissent développer une dépendance psychologique. *

Extrait de Coupdepouce.com

Dr Michel Ruel

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