Clostridium difficile (C. Difficile)

Clostridium difficile (C. Difficile)

Les médias parlent souvent de Clostridium difficile. Je crois comprendre que cette bactérie est dangereuse et qu’elle est très présente dans les hôpitaux du Québec. En quoi cette bactérie se distingue-t-elle d’autres bactéries? Comment se fait-il qu’on en parle tant? Est-ce que la population atteinte de fibrose kystique doit craindre particulièrement cette bactérie? Comment peut-on réduire les risques de la contracter?

Clostridium difficile communément appelé C. difficile est en effet une bactérie dont on entend abondamment parler. Vers 1978, il a été reconnu qu’elle pouvait causer certaines diarrhées post-traitement chez les personnes ayant suivi une antibiothérapie. On a alors démontré que l’inflammation intestinale et la diarrhée avaient un lien avec les toxines produites par cette bactérie. Il ne s’agit donc pas d’un problème récent. Ce qui s’avère plus nouveau toutefois, c’est l’augmentation du nombre de ces affections et de leur sévérité. On retrouve Clostridium difficile dans le gros intestin de 3 à 5 % de la population normale. Une hypothèse antérieure soutenait que l’antibiothérapie modifiait la flore intestinale, permettant ainsi à Clostridium difficile de croître et de produire des toxines entraînant la diarrhée. Ceci est vraisemblable pour les colites acquises en dehors de l’hôpital. Toutefois, l’hypothèse actuelle veut que les personnes qui séjournent à l’hôpital soient d’abord colonisées par la souche bactérienne hospitalière et qu’à la suite d’une antibiothérapie à l’hôpital, cette souche hospitalière – qui est potentiellement plus virulente que les autres souches extra-hospitalières – produise des toxines.

Il est assez étonnant que les colites à Clostridium difficile ne soient pas plus fréquentes chez les personnes atteintes de fibrose kystique, qui prennent énormément d’antibiotiques. Cette population n’est toutefois pas à l’abri d’infections même sévères, particulièrement lorsqu’elle doit recevoir des antibiotiques à l’hôpital. Afin de prévenir ces infections, le personnel des hôpitaux doit utiliser des techniques d’isolement pour les gens infectés à Clostridium difficile et demeurer extrêmement vigilant quant au lavage des mains et au port des gants et des blouses. Par ailleurs, il va de soi que le fait d’être traité par antibiothérapie intraveineuse à domicile réduit le risque de subir les désagréments entraînés par Clostridium difficile.

Dr Michel Ruel

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