Cathéter long périphérique

Cathéter long périphérique

Dans quelques semaines, j’en serai à ma troisième expérience de toilette bronchique à domicile. Dans l’ensemble, je dois dire que j’apprécie le fait de recevoir mes antibiotiques intraveineux à la maison. Mon seul véritable problème est la fragilité de mes veines. Tous les trois ou quatre jours, je dois me rendre à l’hôpital afin qu’on me réinstalle un nouveau cathéter court (Jelco). Pour mon prochain traitement à domicile, mon médecin me suggère l’installation d’un cathéter long périphérique, c’est-à-dire un percutané. Pouvez-vous me dire ce qu’est un cathéter long périphérique, comment se fait l’installation et quels en sont les risques? Pour terminer, croyez-vous que l’usage répété d’un cathéter long périphérique risque de détériorer davantage mes veines?

Un cathéter est un tube que l’on introduit dans une veine. Le cathéter long périphérique n’est pas très différent du cathéter court utilisé couramment, comme le Jelco. La différence, qui est d’une importance majeure, réside évidemment dans sa longueur. Cependant, on peut distinguer deux types de cathéters longs : celui de longueur moyenne (en anglais MLC ou midline catheter) et le plus long cathéter (en anglais PICC ou peripherally inserted central catheter). Le cathéter de type MLC mesure jusqu’à 20 cm et son extrémité se rend jusqu’à l’épaule. Le cathéter PICC est quant à lui plus long, et son extrémité se rend jusqu’à une veine centrale se situant à l’entrée du coeur, soit à la veine cave supérieure.

L’avantage principal du cathéter long demeure sa durabilité. Alors que les cathéters courts doivent être remplacés tous les trois ou quatre jours, le cathéter de longueur moyenne (MLC) peut durer huit semaines, et le cathéter long (PICC) peut être utilisé jusqu’à six mois et parfois davantage. L’installation n’est pas très compliquée, mais elle nécessite un certain entraî nement. Au Québec, ce sont habituellement les médecins qui installent ce type de cathéters, tandis qu’aux États-Unis, certaines infirmières spécialisées sont autorisées à le faire. Les principes de base sont les mêmes que ceux qui prévalent pour l’installation des cathéters courts.

Toutefois, la mise en place dans des conditions stériles doit être encore plus stricte; de plus, seules les grosses veines du bras (basilique et céphalique) en haut ou en bas du coude peuvent être utilisées. Lorsqu’on installe un PICC, il faut en vérifier le positionnement à l’aide d’une radiographie. Les risques associés à l’installation sont les suivants : un saignement, un dommage à un tendon ou à un nerf et une arythmie cardiaque (lorsque le cathéter entre dans le coeur, il peut perturber le rythme cardiaque). Parmi les autres problèmes possibles, on note le mauvais positionnement du cathéter et un bris du cathéter avec migration d’une partie de celui-ci dans le coeur ou les poumons. Après l’installation, on peut également craindre une infection et une phlébite (inflammation d’une veine) superficielle ou profonde.

La plupart de ces complications sont cependant peu fréquentes, les plus nombreuses étant la phlébite (3-4 %) et le blocage du cathéter. De plus, les cathéters longs permettent d’éviter les complications spécifiques tels le pneumothorax et l’hémothorax (air ou sang dans l’enveloppe du poumon). Ces problèmes sont liés à l’insertion des cathéters sous-claviers, qui diffèrent des cathéters longs. Retenons aussi que les cathéters sous-claviers ne peuvent guère être utilisés plus de deux semaines.

Enfin, l’usage répété d’un cathéter long empêchera sûrement la détérioration des petites veines superficielles du bras. Par ailleurs, il existe un faible risque d’endommager les grosses veines superficielles, ainsi que les veines profondes, mais ceci apparaît comme un risque calculé acceptable.

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