Animaux

Animaux

J’aimerais beaucoup me procurer un animal de compagnie. Des personnes de mon entourage m’ont cependant dit qu’un animal pouvait être nuisible à ma santé. Est-ce qu’il y a des animaux qui posent des risques à la santé des personnes vivant avec la fibrose kystique?

Tout d’abord, il faut savoir qu’il est important de bien choisir son animal de compagnie. Certains animaux n’ont pas vraiment d’incidence sur la santé si toutes les précautions nécessaires sont prises. Toutefois, d’autres types d’animaux ne sont tout simplement pas recommandés. Les personnes atteintes de fibrose kystique (FK) peuvent être préoccupées par deux types de risques, soit le risque infectieux et le risque allergique. Bon nombre d’études ont prouvé les vertus thérapeutiques de côtoyer un animal de compagnie chez les personnes atteintes d’une maladie (zoothérapie). Il est donc important de bien considérer les bénéfices psychosociaux d’avoir un animal de compagnie et les risques potentiels encourus sur la santé.

L’exposition à des allergènes environnementaux (comme les squames d’animaux) mène à de pires résultats des fonctions respiratoires dans d’autres maladies pulmonaires obstructives telles que l’asthme. L’effet de l’exposition à un animal sur les fonctions pulmonaires chez les personnes atteintes de FK reste incertain. Or, réduire les risques environnementaux demeure fondamental pour maximiser la santé pulmonaire FK.

Une étude multicentrique de 703 patients atteints de FK aux États-Unis a démontré que la possession d’un chat est associée à une plus grande prévalence de polypes nasaux et la possession d’un chien ou d’un chat est associée à une plus grande prévalence d’une respiration sifflante (wheezing) ce qui pourrait engendrer une réduction des fonctions pulmonaires surtout entre l’âge de 6-8 ans. Dans cette étude, les auteurs n’ont pas démontré une corrélation significative entre la possession d’un chat ou d’un chien et la prévalence de Pseudomonas ou SARM. Donc, on doit énoncer la possibilité des animaux comme source d’agents pathogènes respiratoires et comme étant également un problème potentiel. Un échantillon limité de patients atteints de FK et leurs animaux de compagnie (n = 20) les a identifiés comme étant porteur des mêmes bactéries/champignons.

Toutefois, il s’avère que lorsque les mesures habituelles d’hygiène sont respectées (ex.: le lavage fréquent des mains), la possession d’un chat ou d’un chien ne comporte aucun risque majeur. En prenant les précautions de mise, vous ne courez pas plus de risques d’infections ou d’allergies qu’une personne non atteinte. La présence d’un animal peut cependant être problématique si vous êtes déjà allergique. Avant d’adopter un animal, assurez-vous préalablement de ne pas souffrir d’une telle allergie! Il est préférable de discuter avec votre équipe traitante sur la possibilité de faire des tests d’allergies avant de se procurer un animal de compagnie.

Par contre, certains animaux ne sont pas recommandés, tel que les oiseaux ou les animaux en aquarium. Ces deux types d’animaux peuvent être problématiques pour les individus atteints de FK pour leur risque de transmission de bactéries. Pour ce qui est des oiseaux, il est préférable d’éviter leur contact car ils sont souvent porteurs des germes problématiques comme les chlamydes, les mycobactéries atypiques et l’aspergillus. En ce qui concerne les animaux vivant en aquarium, ils accentuent le risque de transmission du pseudomonas aeruginosa et de mycobactéries atypiques par leur milieu humide.

Donc, un nouvel animal de compagnie pour vous ou votre enfant? Pas de problème, mais il faut savoir bien le choisir et en discuter préalablement avec votre équipe FK qui connait bien votre condition de santé.

Joanie Bernier Inf., B.SC
Clinique de fibrose kystique du Centre universitaire de santé McGill
Montréal (Montréal)
Extrait du SVB2016

Partager :